Masque
Qu’appelle-t-on « masque » en art-thérapie ?
Qu’est-ce que le masque en art-thérapie ?
Le masque est à la fois un objet (un masque que l’on fabrique ou que l’on choisit) et une notion psychologique (le visage social qu’on présente au monde, parfois éloigné de ce qu’on ressent en dedans). Les deux dimensions se rencontrent en art-thérapie : créer un masque, c’est explorer concrètement la question de ce qu’on montre et de ce qu’on cache.
Une longue histoire culturelle
Le masque traverse toutes les civilisations : rituels chamaniques, théâtre antique grec, masques africains de cérémonie, commedia dell’arte, masques de carnaval. Partout, il fonctionne comme un seuil : derrière le masque, on est libre de devenir quelqu’un d’autre, ou de se laisser traverser par une figure plus grande que soi. Cette dimension transformatrice fait du masque un médium particulièrement puissant en séance.
Travailler avec le masque en séance
Plusieurs dispositifs sont possibles. Modeler le masque qu’on porte tous les jours (le « masque social »), puis modeler celui du visage caché en dessous. Fabriquer le masque de l’émotion qu’on n’arrive pas à dire, et le porter le temps d’un échange. Choisir parmi plusieurs masques celui qui correspond à un état du moment, et le mettre en mouvement. Chacune de ces voies fait apparaître quelque chose de différent : la projection sur l’objet, l’expression par le port, l’incarnation par le jeu.
Carl Gustav Jung et la persona
Jung a théorisé sous le nom de persona (du latin pour « masque ») cette part de la personnalité qu’on construit pour s’adapter au monde social. Selon lui, une persona trop rigide finit par couper la personne d’elle-même, alors qu’une persona souple et consciente devient un outil d’adaptation utile. Le travail symbolique avec le masque permet précisément cette prise de conscience.