TCC : en quoi consistent les thérapies cognitivo-comportementales ?
Par Cathia Boucheron
TEMPS DE LECTURE : 6 minutesLa thérapie cognitivo-comportementale, plus connue sous le nom de TCC, examine les schémas qui se créent chez un individu entre sa confrontation à un événement et l’attitude qu’il adopte pour y faire face. Elle s’appuie, pour cela, sur une analyse précise des pensées et des émotions. Son objectif est de déconstruire les processus lorsqu’ils sont erronés et sont, par conséquent, susceptibles de bloquer une personne dans un comportement irrationnel. Les TCC peuvent soulager de nombreux troubles, comme l’anxiété chronique ou les phobies. Mais, comment fonctionnent les TCC ?
Qu’est-ce qu’une thérapie cognitivo-comportementale ?
La thérapie cognitive et comportementale (TCC) permet de comprendre les schémas de pensées et la manière dont ils influencent le comportement. Le principe de base est le suivant : tout individu, dans une situation donnée, va éprouver des émotions qui vont provoquer une réaction. Si la perception du contexte initial est erronée, la réponse apportée va être inadaptée. Par conséquent, elle ne règle pas le problème. Or, certaines personnes élaborent de véritables schémas réactifs inappropriés auxquels elles ont systématiquement recours lorsqu’elles sont confrontées à un événement. Malheureusement, cette attitude les pénalise. Avec l’aide de la thérapie cognitive et comportementale, elles vont pouvoir apprendre à surmonter leur blocage émotionnel, afin d’être en mesure d’ajuster leur posture. Ainsi, elles ne pâtissent plus du décalage entre perception et réalité de la situation.
Comment fonctionnent les TCC en pratique ?
L’objectif de la TCC est d’extraire un individu de ses schémas de pensées répétitifs et inadaptés, qui le conduisent à agir selon des principes qui le font souffrir. La première étape consiste à identifier les événements perturbants, puis à y associer les émotions qu’ils génèrent. La personne va ensuite noter les comportements que cela induit chez elle. Cette phase d’analyse est assez longue. Elle va chercher à dénouer ce qui s’est joué lorsque les schémas se sont construits. Les erreurs cognitives ont de multiples sources et se mettent en place dès l’enfance. Les biais cognitifs les plus fréquents sont :
- L’abstraction sélective, qui consiste à ne voir que certains aspects d’une situation.
- La généralisation sélective, qui implique un comportement identique quel que soit le contexte.
- La pensée dichotomique, qui élimine toutes nuances dans l’appréciation d’une situation.
Avec l’aide du thérapeute, la personne va réaliser une série d’exercices pour déconstruire ces comportements stéréotypés et rebâtir de nouveaux schémas de pensées.
Quelles sont les principales techniques utilisées ?
L’analyse des liens de pensée
Au cours de cet exercice d’analyse des liens de pensée, la personne va noter scrupuleusement, sur une feuille de papier, les liens entre un événement et le comportement qu’elle a mis en place. Elle commence par décrire la situation à laquelle elle est confrontée, puis les pensées qui en ont découlé. Ensuite, elle analyse les émotions nées de ces réflexions. Enfin, elle explique l’attitude qu’elle a adoptée pour y faire face.
Cet exercice est réalisé sur toutes les situations qui perturbent le consultant, entre deux rendez-vous chez le thérapeute. L’analyse se fait ensuite au cabinet avec l’aide du professionnel. Elle a pour objectif de faire prendre conscience à la personne de ses schémas de pensées et de leurs dysfonctionnements.
La restructuration cognitive
La restructuration cognitive a pour but d’apprendre à remettre en cause les schémas répétitifs. La personne en thérapie va être soumise à une série de questions qui vont l’amener à reconsidérer chaque situation sous un autre angle. L’accompagnement lui permet de déceler les biais cognitifs en jeu et d’adopter un regard critique sur ses agissements. Grâce à la compréhension des mécanismes et à une réflexion plus objective, elle va alors pouvoir envisager de nouvelles façons, plus adaptées, de répondre aux stimuli.
L’affirmation de soi
Ce travail a pour objectif d’apprendre à identifier ses propres besoins et à oser les affirmer. Beaucoup de personnes font passer les intérêts des autres avant les leurs. Ce manque de confiance en soi empêche de fixer ses limites personnelles et peut s’avérer délétère pour le bien-être mental. Les exercices d’affirmation de soi vont permettre de déconstruire l’image que la personne se fait des conséquences que pourrait engendrer un refus de sa part. Elle apprend à dire non avec respect, diplomatie et fermeté.
Les exercices d’exposition
En TCC, l’exposition constitue un exercice incontournable. Celui-ci consiste à confronter un individu à des situations qui l’angoissent de façon progressive et répétée, afin qu’il apprenne à les gérer. Ce travail commence par la création d’une liste hiérarchisée des contextes anxiogènes. L’exposition débute par les événements les moins stressants. Dès que la personne est en mesure de gérer une situation, elle peut passer à la suivante.
Quand et pourquoi utiliser les TCC ?
Surmonter des phobies
Les TCC sont indiquées dans le traitement des phobies, qu’il s’agisse de phobie sociale, de claustrophobie, d’agoraphobie ou d’un trouble en rapport avec les animaux. Avec cette approche, la personne va progressivement se confronter à l’objet de sa phobie pour, à terme, ne plus ressentir l’anxiété ou le dégoût qu’il suscite. Le phobique va apprendre à gérer les sentiments négatifs éprouvés à la vue de celui-ci et à les remplacer peu à peu par des émotions appropriées. La réalité virtuelle peut avantageusement être proposée lors de la phase d’exposition. Elle permet une immersion dans un cadre sécurisé.
Améliorer les troubles de l’humeur
Déprime passagère ou dépression installée, ces troubles de l’humeur répondent bien aux thérapies cognitives comportementales. Avec l’appui du thérapeute, la personne va identifier les facteurs déclenchants de son mal-être. Elle va être en mesure de retracer le chemin qui la mène d’une situation à une vision pessimiste et négative générale de son environnement. En prenant conscience de sa perception biaisée, elle va pouvoir reconstruire des schémas de pensées plus sains qui l’aideront à se sentir mieux. Par ailleurs, les TCC présentent un intérêt dans une démarche globale de soins des troubles bipolaires lorsqu’elles sont réalisées en complément d’autres approches thérapeutiques.
Gérer l’anxiété
Les TCC font partie intégrante des thérapies de l’anxiété. Il s’agit ici de déconditionner la personne qui ressent des angoisses lorsqu’elle est confrontée à des situations dépourvues de danger réel. Cette dernière comprendra que sa peur ne vient pas de l’événement actuel, mais d’un réflexe mis en place dans des circonstances précises et qui se manifeste malheureusement à tort.
Quels professionnels sont spécialisés en TCC ?
Plusieurs catégories de professionnels peuvent proposer des séances de TCC :
- Les psychiatres.
- Les médecins.
- Les psychologues.
- Les psychothérapeutes.
Tous ont suivi une formation spécifique à la pratique des thérapies cognitivo-comportementales pour pouvoir pratiquer cette méthode. Le diplôme est conditionné à la compréhension des troubles psychiques de l’adulte, de l’enfant et de l’adolescent. Il permet de pratiquer les TCC dans un cadre médical et paramédical.
Quelles compétences sont nécessaires pour devenir thérapeute en TCC ?
Le thérapeute en TCC doit connaître l’ensemble des troubles psychiques observables tant chez l’adulte que chez l’enfant. Il va ensuite apprendre à réaliser une démarche diagnostique, afin de proposer un programme thérapeutique à son client. Il maîtrise les principales techniques spécifiques aux TCC (principes d’exposition, restructuration cognitive, affirmation de soi, relaxation…) et leur application à chaque trouble : bipolarité, autisme, troubles du comportement alimentaire, phobies, etc. Ce professionnel dispose d’excellentes capacités d’écoute et d’analyse.
Sources :
https://outils-psy.com/theme-tcc/
https://www.psychologue.net/
FAQ
Comment se déroule une séance de TCC ?
Une séance de TCC dure de 30 minutes à 1 heure. Une fois les problématiques identifiées lors de la première rencontre, le thérapeute propose des exercices à réaliser entre chaque rendez-vous. Ce travail est analysé en séance et permet la progression de la personne accompagnée. Les TCC exigent l’entière implication du patient.
Les TCC peuvent-elles être combinées avec d’autres types de thérapies ?
Il est tout à fait possible de combiner plusieurs approches avec les TCC : la sophrologie, pour son effet relaxant, l’art-thérapie qui favorise l’expression des émotions, l’hypnose, pour gérer les blocages psychologiques, etc.
Les TCC conviennent-elles aux enfants et aux adolescents ?
Les TCC sont parfaitement adaptées aux enfants et aux adolescents. Comme les adultes, ils vont apprendre à identifier leurs émotions, puis gérer les réponses à leur apporter.
Les TCC sont-elles adaptées pour les personnes âgées ?
Chez les sujets âgés, les TCC accompagnent favorablement les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression ou la douleur.
Peut-on pratiquer la TCC en ligne ?
Une TCC peut être pratiquée en ligne. Le format de la séance n’est pas différent de celui réalisé au cabinet.
Les TCC sont-elles remboursées par l’assurance maladie ?
Seules les séances de TCC effectuées chez un psychiatre font l’objet d’un remboursement par l’assurance maladie. Cependant, certaines mutuelles peuvent prendre en charge les séances en dehors de ce cadre.
Est-ce que les TCC peuvent aider à surmonter un traumatisme ?
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande les TCC pour de nombreux troubles, dont la gestion des troubles de stress post-traumatique.
Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.


