
Résilience émotionnelle : comment l’art-thérapie aide à se relever
Par Cathia Boucheron
Face à certains événements de la vie – rupture, surmenage, deuil -, nos limites peuvent être mises à rude épreuve, ce qui bouleverse notre équilibre intérieur. Parfois, il est alors difficile d’exprimer avec des mots notre pleine souffrance. C’est ici que l’art-thérapie entre en jeu, pour proposer une voie profondément libératrice.
La résilience émotionnelle, qu’est-ce que c’est ?
Sur le plan psychologique, le concept même de la résilience désigne la capacité d’une personne à faire face à l’adversité, que ce soit à travers un traumatisme d’enfance ou une crise émotionnelle. La notion de la résilience a, par ailleurs, été popularisée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, dont les travaux ont su montrer que la résilience n’était pas un trait de caractère, mais bien un processus.
Lorsque l’on parle plus spécifiquement de résilience émotionnelle, il s’agit donc d’une faculté mentale visant à retrouver un équilibre après un épisode traumatique. Dans ce cas, les émotions et notamment le stress, vont être mis à rude épreuve. Plutôt que de nier la souffrance et de refouler sa colère ou sa tristesse, l’individu résilient doit apprendre à en faire un véritable moteur de vie.
Pourquoi certains traversent les épreuves mieux que d’autres ?
Au moment d’un choc profond, chacun peut réagir différemment. En effet, certaines personnes vont avoir tendance à se doter d’une armure invisible, là où d’autres vont tout simplement s’effondrer devant l’adversité.
Docteur en psychologie et spécialiste de la psychologie positive, Jacques Lecomte souligne que cette capacité à savoir rebondir repose sur plusieurs piliers. Notamment sur la qualité des relations sociales car l’amour et le soutien de notre entourage est déterminant en cas de choc psychologique.
Les individus faisant preuve d’une résilience mobilisent aussi de nombreuses ressources internes pour traverser les pires tempêtes émotionnelles. Plutôt que de s’enfermer dans leur problématique, elles cherchent des solutions pour s’extirper de ce sentiment de torpeur. Cependant, dans certains cas, la charge mentale devient trop lourde à porter. Dans ce cas, nous vous conseillons de faire appel à un professionnel pour un accompagnement sur le long terme.
Comment l’art-thérapie agit sur la résilience émotionnelle ?
Dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique, l’art peut être utilisé comme vecteur d’une transformation personnelle. C’est en stimulant le cerveau que la pratique artistique va permettre de renforcer la régulation émotionnelle (url : régulation émotionnelle). Ainsi, le patient n’est plus la victime de son propre traumatisme, mais l’auteur et l’acteur principal. Que ce soit à Paris ou en Province, de plus en plus de professionnels se forment dans une école d’art thérapie pour maîtriser ces différents aspects de plus en plus populaires.
Exprimer ce que les mots ne peuvent pas dire
Ici, l’art doit devenir un refuge, mais ô grand jamais, une corvée parmi tant d’autres. Pour favoriser ce cheminement, il est conseillé de s’accorder des petits instants, sans se mettre la pression.
Par exemple, prenez dix à quinze minutes par jour pour écrire vos pensées sur un carnet ou pour peindre une toile. Ce rituel, quasi méditatif, va profondément renforcer la connexion entre vos émotions et vos actes, consolidant une réelle harmonie au fil du processus.
Reprendre confiance par le geste créatif
Le simple fait de créer peut générer pour le patient un véritable sentiment d’accomplissement. Ici, il n’est pas question de créer une peinture ou une sculpture parfaite, ce qui compte, c’est l’action d’être de nouveau acteur de sa propre vie. Voir une œuvre prendre forme devant ses yeux peut réparer l’estime de soi, souvent mise à mal par les événements de vie. Cette libération est l’un des bienfaits de l’art-thérapie, nourrissant la confiance en soi.
Quelques pratiques artistiques pour renforcer sa résilience ?
Évidemment, il n’existe pas une seule façon de renforcer sa résilience à l’aide d’une pratique artistique. Au contraire, l’art-thérapie regorge de divers outils que tout individu peut utiliser selon sa propre sensibilité.
Travailler avec les mains pour apaiser l’intérieur
Pour vous aider à vous recentrer sur l’instant présent, un contact direct avec la matière – via le modelage de l’argile, la peinture avec les doigts ou la sculpture – peut vous aider à extérioriser le stress ou la colère. Les exercices d’art thérapie fondés sur le toucher favorisent un réel apaisement, permettant une restructuration de pensées négatives et envahissantes.
Écriture et musique : mettre en forme ce que l’on traverse
Ensuite, d’autres outils peuvent vous aider à structurer le chaos intérieur. Notamment en posant des mots sur vos pensées à travers l’écriture intuitive. De plus, la musique – qu’il s’agisse de percussions, de chant ou d’écoute active – favorise également la libération de tensions accumulées au fil du temps.
Danse et mouvement : quand le corps montre le chemin
Les traumatismes profonds pouvant laisser des traces dans la mémoire corporelle, la danse permet au corps de dénouer des blocages physiques, notamment ceux liés à l’anxiété. Grâce à la danse, le corps effectue un véritable lâcher prise émotionnel (url : lâcher prise émotionnel), ce qui est essentiel pour une vraie libération intérieure.
FAQ
- La résilience émotionnelle, ça s’apprend ?
Tout à fait, la résilience n’est pas un don et se cultive par la pratique, notamment avec le développement de son intelligence émotionnelle. En tissant des lieux sociaux de qualité par exemple ou en modifiant sa perception face aux échecs de la vie.
- Combien de séances d’art-thérapie pour voir des effets ?
Il n’y a pas d’indicateur fiable, car le cheminement peut varier d’une personne à une autre. Cependant, certains peuvent ressentir un apaisement dès les premières séances. Mais un suivi de plusieurs mois est recommandé pour des changements durables et profonds.
- Art-thérapie et soutien psychologique : quelle différence ?
L’art-thérapie se sert de la création artistique comme moyen d’expression central, là où un suivi psychologique repose essentiellement sur la parole comme outil de thérapie. Ces deux approches sont néanmoins complémentaires.


