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Richard Forestier : une figure de l’art-thérapie française et son école d’Afratapem

Aux côtés de Jean-Pierre Klein, Richard Forestier compte parmi les figures qui ont structuré l’art-thérapie en France au cours des dernières décennies. Médecin de formation, art-thérapeute et auteur prolifique, il a fondé à Tours l’Afratapem — l’une des écoles françaises les plus actives dans le champ — et développé une approche spécifique, parfois discutée, mais qui a indéniablement marqué la profession francophone. Voici son parcours et son apport à la pratique de l’art-thérapie.

Richard Forestier : médecin et art-thérapeute français

Richard Forestier est médecin de formation. Né en 1946, il a développé en parallèle de sa pratique médicale un intérêt soutenu pour l’art et la musique. Cette double sensibilité, comme chez beaucoup de fondateurs du champ, sera décisive dans l’élaboration ultérieure de sa démarche.

Une formation médicale et musicale

Forestier est musicien et a longtemps pratiqué le saxophone à un niveau professionnel. Cette pratique musicale n’est pas anecdotique : elle nourrit directement sa réflexion sur ce qui se joue dans une pratique artistique sérieuse, sur l’engagement corporel et technique que demande la création, sur la rigueur qu’elle implique.

Une carrière entre soin et enseignement

Au fil de sa carrière, Richard Forestier a exercé comme médecin et a parallèlement développé une pratique d’art-thérapeute. Mais son apport le plus considérable réside sans doute dans le domaine de la formation : il a formé, depuis Tours, des centaines d’art-thérapeutes francophones en activité aujourd’hui.

L’Afratapem : une école implantée à Tours

L’apport institutionnel le plus visible de Richard Forestier est l’Association française de recherche et applications des techniques artistiques en pédagogie et médecine — Afratapem — qu’il a fondée et dirigée.

Une école à l’ancrage régional

L’Afratapem est implantée à Tours, où elle dispense depuis plusieurs décennies des formations diplômantes à l’art-thérapie. Cette implantation régionale, loin de Paris, a conféré à l’école une identité spécifique. Elle attire des étudiants de toute la France et de plusieurs pays francophones.

Un cursus structuré

L’Afratapem propose plusieurs niveaux de formation, dont un cursus universitaire en partenariat avec des facultés de médecine. Ce partenariat avec l’université donne à la formation une assise académique forte, ce qui distingue l’Afratapem d’écoles plus indépendantes des circuits universitaires.

Une approche dite « moderne »

Richard Forestier a développé une approche qu’il nomme « art-thérapie moderne », qu’il distingue d’une « art-thérapie traditionnelle ». Cette distinction, parfois discutée, est l’une des marques de l’école Afratapem. Elle structure son enseignement et oriente la pratique des praticiens qui en sont issus.

L’art-thérapie « moderne » selon Forestier

La distinction proposée par Richard Forestier entre art-thérapie traditionnelle et art-thérapie moderne mérite d’être présentée précisément. Elle structure une lecture spécifique du champ, qui a ses partisans et ses contradicteurs.

L’art-thérapie traditionnelle

Pour Forestier, l’art-thérapie traditionnelle consiste à utiliser l’expression artistique pour accéder à l’inconscient et travailler des contenus psychiques. Elle s’inscrit dans une lignée psychanalytique. Les œuvres y sont considérées comme des supports d’expression et d’interprétation psychiques.

L’art-thérapie moderne

L’art-thérapie moderne, telle que la conçoit Forestier, met l’accent sur la dimension esthétique et opératoire de la création. L’art y est traité comme un véritable processus, avec ses exigences techniques et son langage propre. Le travail thérapeutique passe par l’engagement réel dans une pratique artistique exigeante, et non seulement par l’interprétation des productions.

Une distinction discutée

Cette distinction est discutée. Plusieurs praticiens, notamment dans la mouvance de Jean-Pierre Klein, considèrent qu’elle force artificiellement une opposition. Pour eux, les deux dimensions — psychanalytique et artistique — coexistent dans la pratique sans qu’il soit nécessaire d’opposer une « tradition » à une « modernité ». Le débat reste vivant.

Les apports théoriques de Forestier

L’importance de l’opérabilité artistique

L’un des apports de Forestier consiste à insister sur la dimension proprement artistique de l’art-thérapie. Pour lui, l’art-thérapeute doit avoir une véritable connaissance de l’art qu’il mobilise — pas seulement une formation psychologique. Cette exigence de compétence artistique est l’une des marques distinctives de l’école Afratapem.

Une terminologie spécifique

Forestier a forgé ou repris plusieurs termes spécifiques pour décrire la pratique : « phénomène artistique », « processus opératoire », « cible thérapeutique ». Cette terminologie, parfois technique, vise à donner à l’art-thérapie une rigueur quasi médicale. Elle distingue l’écriture théorique de l’Afratapem d’écritures plus littéraires comme celles de Jean-Pierre Klein.

Une visée évaluative

Plus que d’autres écoles, l’Afratapem accorde une place importante à l’évaluation des effets thérapeutiques. Les praticiens formés à Tours sont généralement attentifs à mesurer les progrès, à documenter les évolutions, à articuler la pratique avec une démarche scientifique. Cette dimension évaluative est précieuse, particulièrement pour qui exerce en milieu hospitalier.

Concrètement, à quoi ressemble la pratique « moderne » ?

Au-delà des principes théoriques, il est utile de voir concrètement à quoi ressemble une pratique inspirée de l’approche de Forestier. Plusieurs marqueurs la distinguent.

Une attention forte à la qualité artistique

Dans une séance « moderne », l’art-thérapeute est attentif à la qualité du geste, à la maîtrise progressive du médium, à la justesse de l’engagement artistique. Il ne s’agit pas de produire une œuvre exposable, mais de travailler avec exigence — comme on travaille avec exigence dans n’importe quelle discipline artistique. Cette exigence est, pour Forestier, un facteur thérapeutique en soi.

Des cibles thérapeutiques précises

L’approche développée à l’Afratapem privilégie une définition précise des objectifs : améliorer l’estime de soi, restaurer une motricité, soutenir l’expression émotionnelle, etc. Ces « cibles thérapeutiques » sont identifiées en amont et évaluées au fil des séances. Cette rigueur méthodologique distingue cette école.

Une évaluation régulière

Conformément à l’approche scientisante de l’Afratapem, les progrès sont régulièrement évalués au moyen d’outils standardisés. Cette documentation des effets répond à l’exigence croissante des institutions médicales : prouver que la pratique fonctionne, et comment. C’est l’une des forces de cette école pour s’implanter en milieu hospitalier.

Une œuvre écrite abondante

Comme Jean-Pierre Klein, Richard Forestier est un auteur prolifique. Son œuvre écrite constitue une ressource importante pour qui souhaite comprendre sa pensée.

« Tout savoir sur l’art-thérapie »

L’ouvrage le plus connu de Forestier est sans doute Tout savoir sur l’art-thérapie, publié pour la première fois aux Presses universitaires de France. Ce livre, plusieurs fois réédité et augmenté, présente de manière synthétique sa conception de la discipline. Il est couramment utilisé en formation.

D’autres ouvrages spécialisés

Forestier a également publié plusieurs ouvrages plus spécialisés sur la musicothérapie, sur l’art-thérapie en gériatrie, sur la formation des praticiens. Cette production écrite témoigne d’une réflexion soutenue sur des dizaines d’années.

L’héritage de Forestier dans l’art-thérapie francophone

Une école qui a essaimé

L’influence de l’Afratapem se mesure aux praticiens qui en sont issus. Plusieurs centaines d’art-thérapeutes francophones, exerçant en France, en Belgique, au Québec ou en Afrique de l’Ouest, ont été formés à Tours. Ce maillage constitue une part importante du paysage professionnel actuel.

Une présence en milieu hospitalier

L’approche développée par Forestier, avec son exigence d’opérabilité et d’évaluation, a particulièrement bien trouvé sa place en milieu hospitalier. Les praticiens formés à l’Afratapem sont nombreux à exercer dans des services d’oncologie, de psychiatrie, de gériatrie. Cette implantation hospitalière est un atout.

Une coexistence avec d’autres écoles

L’art-thérapie francophone n’est pas un champ uniforme. Plusieurs écoles cohabitent, parfois dans le débat, parfois dans la complémentarité. L’Afratapem de Forestier et l’INECAT de Jean-Pierre Klein sont les deux écoles historiques principales. D’autres écoles, plus récentes ou plus régionales, complètent ce paysage francophone aujourd’hui.

Les limites et débats

L’héritage de Forestier ne fait pas consensus dans l’ensemble du champ. Plusieurs critiques sont formulées, qu’il est utile de connaître.

La critique de la dichotomie

La distinction entre art-thérapie traditionnelle et moderne est jugée artificielle par plusieurs praticiens, qui considèrent qu’elle force une opposition là où il y aurait, en réalité, un continuum. Pour eux, le travail psychanalytique et l’engagement artistique ne s’excluent pas.

La critique de la technicité

La terminologie technique développée par l’Afratapem est parfois jugée excessivement scientisante. Certains praticiens craignent qu’elle fige la pratique dans une rigidité contraire à l’ouverture créative. Ce débat est récurrent dans le champ.

Le dialogue entre écoles

Malgré ces débats, les écoles francophones de l’art-thérapie dialoguent et s’influencent mutuellement. La diversité des approches est, à bien des égards, une richesse pour la profession. Elle permet à chaque praticien de trouver l’école qui lui ressemble le plus parmi celles-ci.

Découvrir l’héritage de Forestier

Lire ses ouvrages

Tout savoir sur l’art-thérapie est la porte d’entrée la plus accessible. Pour aller plus loin, ses ouvrages plus spécialisés sur la musicothérapie ou la formation offrent des approfondissements précieux.

Visiter l’Afratapem

L’école de Tours organise régulièrement des journées portes ouvertes, des conférences et des colloques. Ces événements sont l’occasion de découvrir directement la pédagogie qui y est développée.

Se former à l’art-thérapie : choisir une école

Le paysage des formations en art-thérapie en France compte plusieurs écoles sérieuses, dont l’INECAT de Jean-Pierre Klein, l’Afratapem de Richard Forestier, et la formation en art-thérapie en présentiel d’Artévie. Chaque école a sa philosophie, son approche, ses spécificités. Pour les personnes en reconversion vers l’art-thérapie, le choix mérite d’être fait avec soin, en visitant plusieurs écoles avant de s’engager dans un cursus long. Une formation à l’art-thérapie représente un investissement important en temps et également en énergie : autant le faire dans une école dont les valeurs et la pédagogie résonnent réellement avec ce que vous cherchez vraiment dans votre propre démarche personnelle de reconversion personnelle ou d’approfondissement professionnel à venir dans les prochaines années à venir dans votre propre vie.

Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

FAQ

  • Qui est Richard Forestier ?

Richard Forestier est un médecin et art-thérapeute français, né en 1946. Fondateur de l’Afratapem à Tours, il est l’une des figures structurantes de l’art-thérapie francophone, aux côtés de Jean-Pierre Klein.

  • Qu’est-ce que l’Afratapem ?

L’Afratapem est une école française de formation à l’art-thérapie, fondée par Richard Forestier et implantée à Tours. Elle propose des cursus diplômants, dont certains en partenariat avec des facultés de médecine.

  • Quelle différence entre l’art-thérapie « traditionnelle » et « moderne » selon Forestier ?

Pour Forestier, l’art-thérapie traditionnelle est d’inspiration psychanalytique et privilégie l’interprétation des productions. L’art-thérapie moderne met l’accent sur l’engagement réel dans une pratique artistique exigeante. Cette distinction est cependant discutée dans le champ.

  • Quel est le livre le plus accessible de Forestier ?

Tout savoir sur l’art-thérapie, publié aux PUF et plusieurs fois réédité, constitue la meilleure introduction à sa pensée. Il présente de manière synthétique sa conception de la discipline.

  • Comment choisir entre les différentes écoles d’art-thérapie ?

Visitez plusieurs écoles, lisez leurs documents de présentation, rencontrez des anciens élèves. Chaque école a sa philosophie, son approche théorique, ses spécificités pédagogiques. Le choix dépend de votre sensibilité et de votre projet professionnel.

  • Forestier exerce-t-il encore en formation ?

L’Afratapem continue de fonctionner et de former des praticiens. La question de la transmission et de la continuité de l’école au-delà de son fondateur se pose comme pour toutes les institutions liées à une figure historique forte et profondément structurante pour le champ.