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Mémoire du corps

Qu’appelle-t-on « mémoire du corps » en art-thérapie ?

Qu’est-ce que la mémoire du corps ?

La mémoire du corps désigne l’ensemble des traces que les expériences vécues laissent dans le corps lui-même — postures, tensions, manières de respirer, micro-expressions, schémas de mouvement — au-delà de ce que la mémoire consciente est capable de raconter. Le corps se souvient de ce que l’esprit a parfois oublié, refoulé, ou jamais formulé en mots.

Une notion à la croisée des disciplines

L’idée que le corps mémorise est aujourd’hui partagée par plusieurs champs : les neurosciences (mémoire procédurale, mémoire implicite), la psychologie du trauma (Bessel van der Kolk, Le corps n’oublie rien, 2014), les approches psycho-corporelles (Wilhelm Reich, Alexander Lowen), la kinésiologie. Toutes convergent vers un constat : certains vécus se déposent dans le corps avant ou à la place de la parole, et nécessitent un travail corporel pour être réellement traversés.

L’art-thérapie comme accès au corps qui se souvient

L’art-thérapie mobilise très naturellement la mémoire du corps. Le geste qui se répète sans qu’on l’ait choisi, la couleur qu’on évite sans savoir pourquoi, la matière qu’on ne supporte pas de toucher, la posture qui se cristallise pendant qu’on dessine — autant de signes qu’une mémoire corporelle parle. Le travail consiste à accueillir ces manifestations sans interpréter trop vite, et à laisser émerger ce que le corps veut dire à son rythme.

Une voie privilégiée pour le trauma

Pour les personnes ayant traversé un trauma, le corps est souvent le lieu où le vécu reste bloqué : il a survécu en se figeant, et la décharge n’a pas eu lieu. Les approches purement verbales atteignent vite leurs limites dans ce contexte. L’art-thérapie, en passant par le geste, la matière et la symbolique, ouvre une voie d’accès plus respectueuse, capable de toucher ce que le langage ne touche plus.

Concepts liés

Complément d’explication

En art-thérapie, cette mémoire peut s’exprimer à travers le mouvement, la danse, la sculpture ou le dessin spontané. Par exemple, une posture figée peut révéler une peur ancienne, tandis qu’un geste ample peut traduire une libération.
Explorer la mémoire du corps par l’art permet de mettre en lumière des vécus refoulés, de les transformer et de favoriser une meilleure intégration psychique.