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Ludothérapie : et si le jeu était la clé du bien-être ?

Généralement associé à l’enfance et au divertissement, le jeu peut devenir, à tout âge, un outil thérapeutique puissant par l’intermédiaire de la ludothérapie. Cette discipline accompagne, en effet, enfants et adultes dans la prise en charge de troubles ou le développement de diverses compétences. Réduction du stress, gestion des émotions, amélioration des relations sociales : comment jouer peut-il être la clé du bien-être ?

Qu’est-ce que la ludothérapie ?

La ludothérapie est un accompagnement thérapeutique dans lequel le jeu est l’outil principal. Pratiquée dans un cadre motivant et rassurant, et guidée par un professionnel formé dans une école spécialisée, la ludothérapie renforce le bien-être, stimule les fonctions cognitives et enrichit les liens sociaux. Le concept est né dans les années 1920, avec Hermione Hug-Hellmuth, psychanalyste pour enfants, puis Anna Freud, Melanie Klein et Virginia Axline ont intégré, avec succès, le jeu dans leurs méthodes thérapeutiques. 

La ludothérapie s’exerce en cabinet privé, à l’hôpital, dans les centres médico-psychologiques, les EHPAD ou à l’école. S’appuyant sur des ressources très variées, elle peut être proposée à un large public

Pourquoi le jeu est-il un outil thérapeutique puissant ?

Le jeu est une activité innée chez les mammifères. Pratiqué de manière naturelle dès le plus jeune âge, il favorise l’apprentissage des interactions sociales, permet d’exercer l’habilité et d’élaborer des stratégies. Le jeu offre la possibilité d’affirmer son autonomie, sa liberté ou sa créativité. Il est structurant dans le développement de tout individu. La puissance du jeu en tant qu’outil thérapeutique tient dans son universalité, mais également dans son accessibilité. Tout le monde peut jouer, à tout âge, et éprouver du plaisir en pratiquant une activité ludique compte tenu de la variété disponible.   

Dans un cadre thérapeutique, le jeu favorise :

  • L’expression des émotions, notamment chez les enfants qui ont du mal à verbaliser leurs ressentis,
  • La réduction du stress et de l’anxiété en activant la production de dopamine et d’endorphines,
  • L’amélioration des interactions sociales,
  • La stimulation cognitive et motrice et, en particulier, le renforcement de la mémoire, de la concentration, de la coordination et de la motricité fine.

Pour qui la ludothérapie est-elle adaptée ?

La ludothérapie peut accompagner les enfants. Elle est particulièrement adaptée à ceux qui présentent des troubles du spectre autistique, des déficits de l’attention, des troubles du comportement ou une anxiété chronique. Chez les adolescents, les difficultés émotionnelles, les problèmes relationnels ou une faible estime de soi sont de bonnes indications pour mettre en place une thérapie par le jeu. Chez l’adulte, la ludothérapie améliore le bien-être ou peut être mobilisée pour renforcer les compétences sociales. Le jeu thérapeutique peut également être proposé à des personnes âgées avec l’objectif de préserver leurs fonctions cognitives ou de lutter contre l’isolement.

Quels sont les principaux types de jeux utilisés en ludothérapie ?

Les jeux de rôle et d’imitation

Les jeux de rôle et d’imitation permettent d’explorer différentes situations sociales et d’observer les émotions et les comportements associés. Ils sont bien adaptés aux jeunes enfants qui peuvent exprimer, notamment au travers de personnages (figurines, poupées, peluches…), des sentiments qu’ils ne parviennent pas à verbaliser sans jouer un rôle. Ils aident à libérer la parole, en particulier lors de traumatismes psychiques. 

Les jeux de construction

Les jeux de construction encouragent la concentration et la patience. Ils pourront être proposés aux individus souffrant de troubles de l’attention, de dyspraxie ou manquant de confiance. Chez les personnes âgées, ils favorisent le travail de la motricité fine

Les jeux sensoriels

Les jeux sensoriels sont idéaux pour les enfants souffrant d’autisme ou présentant des déficits sensoriels. Loto des odeurs, boîte mystère, peinture au doigt, memory des couleurs… les possibilités sont immenses et les ateliers simples à mettre en œuvre. 

Les jeux coopératifs

Les jeux coopératifs encouragent le travail d’équipe et la gestion des conflits. Ils permettent d’améliorer la communication, et particulièrement la prise de parole au sein d’un groupe, l’écoute et l’adaptation. Ce type de jeu peut accompagner des personnes peu à l’aise dans leurs relations sociales et manquant de confiance en elles ou, à l’inverse, celles qui montrent des difficultés à tenir compte des autres et à accepter les règles. 

Les jeux de stratégie et de logique

Les jeux de stratégie et de logique favorisent le développement des capacités cognitives, ainsi que la prise de décision. Ils s’adressent à tous les publics et mobilisent mémoire, concentration, sens de l’organisation.  

Comment intégrer la ludothérapie dans un accompagnement professionnel ?

De nombreuses professions socio-médicales peuvent intégrer la ludothérapie à leur accompagnement. Psychologues et psychothérapeutes l’utiliseront comme un outil facilitant la communication, tandis que les orthophonistes et les ergothérapeutes vont se servir du jeu pour améliorer les compétences langagières ou motrices. Les enseignants et les éducateurs peuvent exploiter des activités ludiques pour stimuler l’apprentissage et renforcer les capacités sociales. Coachs et formateurs vont, quant à eux, introduire le jeu pour favoriser la cohésion d’équipe et la résolution de problèmes en entreprise.

Quelles sont les limites et précautions de la ludothérapie ?

La ludothérapie doit être proposée dans le cadre d’un accompagnement de troubles stabilisés. Elle est pratiquée par un professionnel ayant suivi une formation lui permettant d’assurer une prise en charge qui ne risque pas d’aggraver les difficultés de son client. L’activité doit être adaptée aux besoins et aux capacités de la personne qui la pratique. Elle peut compléter l’approche thérapeutique globale d’un patient. 

Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Sources : 

1Leblanc, M., & Ritchie, M. (2001), Une méta-analyse des résultats de la thérapie par le jeu, Counselling Psychology Quarterly, 14, 149-163. https://doi.org/10.1080/09515070110059142. 

2Saywell, N., Taylor, N., Rodgers, E., Skinner, L., & Boocock, M. (2017), Les interventions basées sur le jeu améliorent la fonction physique des personnes atteintes de lésions cérébrales acquises à l’âge adulte : revue systématique et méta-analyse d’essais contrôlés randomisés, Réadaptation clinique, 31, 145-157. https://doi.org/10.1177/0269215516631384.

3Ray, D., Bratton, S., Rhine, T., & Jones, L. (2001), L’efficacité de la thérapie par le jeu : réponse aux critiques, International Journal of Play Therapy, 10, 85-108. https://doi.org/10.1037/H0089444.
4Bratton, S., Ray, D., Rhine, T., & Jones, L. (2005), L’efficacité de la thérapie par le jeu avec les enfants : une méta-analyse des résultats du traitement, Psychologie professionnelle : recherche et pratique, 36, 376-390. https://doi.org/10.1037/0735-7028.36.4.376.

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