Auto-compassion : se traiter avec bienveillance par la création
Pratique essentielle afin de cultiver une relation plus saine et apaisée avec soi-même, l’auto-compassion est plus que jamais “tendance” dans notre société actuelle. Notamment dans un monde marqué par l’auto-critique et la notion perpétuelle de performance à tout prix. Avec ce guide, découvrons comment l’intégration d’une dimension créative peut aider à la transformation de nos sentiments en un acte de bienveillance tangible.
L’auto-compassion : se traiter comme on traiterait un ami
Comme pourrait le définir la célèbre chercheuse Kristin Neff, l’auto-compassion consiste à s’offrir la même compréhension et gentillesse que celle que l’on offrirait à un ami proche. Là où l’estime de soi repose souvent sur la comparaison avec les autres, l’auto-compassion, elle, peut demeurer une présence chaleureuse et bienveillante, nous accompagnant face aux imperfections de la vie et à ses nombreuses difficultés.
Les différentes recherches de Neff identifient trois composantes indissociables : la bienveillance envers soi, l’humanité commune et la pleine conscience, c’est-à-dire le fait de savoir observer ses propres émotions sans avoir à les nier ou les amplifier. Enseignée via le programme MSC – Mindful Self Compassion -, cette approche permet de réduire son anxiété et d’apaiser la voix de l’autocritique qui peut résonner un peu trop souvent dans la tête de chaque individu.
Et si la création devenait un espace de bienveillance ?
L’acceptation de soi est purement définie par la capacité d’une personne à savoir identifier et reconnaître ses propres caractéristiques, sans pour autant réaliser une autocritique excessive. Contrairement à l’estime de soi, pouvant fluctuer selon les réussites ou les coups durs du quotidien, l’acceptation est nettement plus stable. Car celle-ci implique une connaissance honnête de sa propre personnalité, permettant de vivre en harmonie avec ses valeurs et ses limites.
Créer sans objectif de performance
Au cœur d’une société souvent régie par les diktats de la performance, l’art de créer est souvent associé au résultat final, ce qui peut réveiller une certaine peur du jugement. Or, l’essence de l’art-thérapie réside avant tout dans le processus, plus que dans l’œuvre elle-même. Il s’agit de se détacher de l’esprit de réussite, pour privilégier l’expression la plus sincère possible.
L’acte créatif comme refuge émotionnel
La création peut alors devenir un véritable refuge pour faire face aux problèmes du monde extérieur, ce qui offre une pause bienvenue dans le flux de pensées négatives et rabaissantes. L’art et la création permettent alors de transformer une émotion difficile, comme la tristesse liée à un deuil ou une profonde colère, en une expression visuelle ou matérielle. Ce recentrage permet de porter un regard plus humain et authentique sur son propre vécu, aidant considérablement à aller de l’avant, ou à soigner sa santé mentale.
Comment la création favorise l’auto-compassion ?
En outre, si elle est souvent considérée comme telle, la pratique artistique est loin d’être un simple loisir. C’est, au contraire, un levier très puissant afin d’ancrer les principes de l’auto-compassion dans le corps. Ce recentrage permet de sortir des abstractions du mental pour mieux revenir à l’expérience directe de vivre le moment présent.
Sortir de la tête, revenir au corps et au ressenti
L’auto-compassion, cela commence souvent par la reconnaissance physique de la tension ou du malaise. Ainsi, la manipulation de matières comme avec l’art-thérapie avec argile permet de mobiliser les sensations du toucher pour évacuer tout le stress sous-jacent qu’une personne en mal-être peut ressentir au quotidien. Ce retour aux sens permet d’apaiser le système nerveux et de sortir des ruminations mentales dans le but de se reconnecter à sa vie intérieure de façon plus apaisée.
Accueillir ce qui est, sans corriger ni juger
La création artistique confronte également les individus à l’imprévu. Par exemple, une forme ou une tache de peinture ne ressemble jamais à ce que l’on pouvait imaginer au départ. L’exercice de la peinture intuitive (url : peinture intuitive) devient alors une véritable école de l’acceptation ! Cette attitude de non-jugement est le fondement clé de la pratique de l’auto-compassion en pleine conscience.
Exercices créatifs pour se traiter avec plus de douceur
Dans le but d’intégrer ces divers concepts à votre vie quotidienne, vous avez la possibilité d’explorer différents exercices – tous étant simples et particulièrement pédagogiques – afin de mieux favoriser une relation bienveillante et ouverte avec vous-même, sans jamais vous dévaloriser vous ou votre travail.
- Le journal créatif d’auto-compassion : prenez le soin de noter une difficulté rencontrée au cours de votre journée avant de l’entourer avec des collages ou des dessins qui vont symboliser le soutien que vous apportez à celle-ci ;
- La météo intérieure des couleurs : utilisez le lien existant entre énergies et couleurs dans le but d’exprimer votre état émotionnel à l’instant T ;
- Le modelage de la bienveillance : pour donner corps à la partie de vous qui vous fait souffrir ou qui vous complexe, nous vous conseillons d’avoir recours à l’art-thérapie via l’argile, dans le but de sculpter une forme protectrice autour de votre mal-être, dans le but d’intérioriser ce dernier.
Si vous souhaitez aller encore plus loin dans cette démarche ou si vous souhaitez aider les autres à aller mieux, nous vous invitons à suivre une formation art-thérapie, pouvant vous offrir tous les outils et les bases théoriques sur les mécanismes de la thérapie par l’art.
FAQ
Faut-il être créatif pour pratiquer l’auto-compassion par l’art ?
Absolument pas, car l’objectif de l’art-thérapie n’est pas purement esthétique, mais surtout thérapeutique. Le plus important étant de parvenir à s’exprimer librement et sans jugement. Le talent ou la formation artistique ne rentrent pas en ligne de compte sur ce terrain.
La création peut-elle vraiment aider quand on va mal ?
Oui, tout à fait. La création artistique va permettre de sortir des émotions ou des traumatismes enfouis alors que les mots, eux-mêmes, ne parviennent pas à les décrire. L’art peut alors être salutaire pour traverser des périodes d’anxiété ou de dépression avec plus de douceur.
Et si je n’aime pas ce que je crée ?
La création peut être une belle opportunité pour développer votre auto-critique et améliorer le rapport avec vous-même et vos propres capacités. Tout d’abord, il est important de vous rappeler que vous allez opter pour de la création artistique pour votre propre bien-être, et non pour impressionner autrui. Il est donc fondamental d’accueillir ce sentiment avec le même degré de bienveillance que celui que vous pourriez utiliser avec un ami proche.
Est-ce normal de se juger même pendant une activité créative ?
Oui, bien sûr, il s’agit d’une tendance parfaitement humaine et naturelle. La clé de tout cela n’est pas de faire disparaître le jugement, mais plutôt de la remarquer avec une plus grande conscience en choisissant de revenir à une attitude de self-kindness sans se blâmer. Toujours avec humanité et bienveillance.