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Trouble de l’attachement : causes, conséquences et solutions thérapeutiques

Le trouble de l’attachement est un dysfonctionnement émotionnel et comportemental dans les relations aux autres. Un lien parent-enfant perturbé est souvent à l’origine du trouble de l’attachement et peut parasiter les liens sociaux dans la vie de tous les jours chez l’enfant et chez l’adulte.

Qu’est-ce que le trouble de l’attachement ?

Le trouble de l’attachement chez l’enfant

Le trouble de l’attachement chez l’enfant est associé au besoin primaire de développer un lien affectif au cours de son enfance dans le cadre familial auprès de ses parents ou de l’adulte qui lui prodigue les soins. Ce lien permet à l’enfant de se sentir en sécurité et lui permet d’avancer dans la vie en toute confiance.

Un trouble de l’attachement provoque des dysfonctionnements chez l’enfant : 

  • Incapacité à gérer ses émotions ou à entretenir des relations avec autrui (autres enfants ou adultes).
  • Difficulté à adapter son comportement en fonction de l’environnement et des personnes.
  • Impossibilité de développer son estime de soi.

Les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) ou les exercices d’art-thérapie sont des solutions thérapeutiques recommandées pour réduire les désordres émotionnels de type trouble de l’attachement.

 Le trouble de l’attachement chez l’adulte

Un trouble de l’attachement développé en bas âge peut avoir des répercussions sur le développement de l’adulte

Le lien affectif entre deux individus peut être bilatéral et égalitaire mais il peut également être unilatéral ou de moindre intensité. Un adulte présentant des troubles de l’attachement aura plus de difficulté à gérer un lien inégal qui peut conduire vers une souffrance provoquée par une dépendance affective.
Pour ces personnes, les thérapies pour les traumatismes sont à privilégier pour déployer un protocole de soins adaptés visant à les accompagner vers un mieux-être.

Les différents types de trouble d’attachement

L’attachement sécure ou attachement sécurisant est considéré comme la norme. Il est caractérisé par un équilibre dans les relations aux autres : lien avec les figures parentales dans l’enfance ou entre individus à l’âge adulte. Les relations sont basées sur la confiance mutuelle, l’enfant interagit facilement avec ses parents ou avec les étrangers, il parvient à réguler ses émotions face au stress et à l’inconnu.

Il existe 3 styles d’attachements insécurisants : 

  • L’attachement insécure évitant ou attachement insécurisant-évitant

L’enfant ou l’adulte cherche à éviter tout type de relation afin de se protéger d’un lien affectif qu’il considère comme une menace ou un danger. L’attachement insécurisant-évitant se traduit par l’absence ou la rareté des échanges affectifs ou des interactions avec les parents, les tuteurs ou les autres personnes adultes. Les individus concernés par ce trouble de l’attachement montrent une forte autonomie et un détachement marqué par le déni des besoins d’affection par peur du rejet. Ce comportement autoprotecteur est basé sur l’hypervigilance, l’hostilité et parfois l’agressivité.

  • L’attachement insécure ambivalent ou attachement insécurisant-ambivalent

Dans un contexte préoccupant, l’enfant ou l’adulte déclenche un processus alternant rapprochement et résistance. La personne présente des symptômes d’anxiété et de stress à l’idée d’être séparée du parent ou du proche. Elle opère un rapprochement par anticipation en cherchant la proximité, tout en rejetant ce rapprochement lorsqu’il advient. L’enfant se retrouve dans une situation constante de sentiments ambivalents.

  • L’attachement désorganisé ou attachement insécurisant-désorganisé

Par un défaut d’appréciation de la dangerosité d’un lien affectif, l’individu développe des stratégies de fuite ou d’attaque pour se défendre. En présence de la figure d’attachement, la personne affiche un non-attachement. Elle est en proie à la confusion et à la crainte : elle adopte des comportements désorganisés associant colères et besoins de consolation, sans parvenir à gérer ces émotions contradictoires.

Quelles sont les causes du trouble de l’attachement ?

Le trouble est favorisé par certains facteurs qui fragilisent le développement de l’attachement :

  • traumatismes intra-utérin et postnatal, prématurité ;
  • dépression post-partum ;
  • abandon et/ou adoption ;
  • négligence, maltraitance, abus sexuels, traumas, violences conjugales ;
  • hospitalisation, maladie ou handicap des parents ou de l’enfant ;
  • deuil ou anxiété des parents ;
  • troubles de la santé mentale des parents ;
  • troubles psychiatriques neurodéveloppementaux ;
  • situations familiales délicates : divorce, pauvreté, perte d’emploi, immigration, etc.

Quels sont les signes d’un trouble de l’attachement ?

Les signes d’un trouble de l’attachement peuvent se traduire de différentes manières selon les situations et les âges de la vie.

Le psychiatre Paul D. Steinhauer suggère une grille de signes (non exhaustifs) pour déceler un trouble d’attachement chez l’enfant, contextualisé par des situations de rupture, de déplacements fréquents, de négligence ou d’abus : 

  • refus de dépendre de l’adulte : ne compte que sur lui-même, ne demande pas le réconfort même en cas de nécessité ;
  • absence de réactions lors d’une séparation ;
  • relation sociale inadaptée : familier, recherche démesurée d’attention ;
  • relation superficielle : sourire et émotions artificiels, répond strictement aux attentes des autres, manipulateur ;
  • incapacité de garder les moments agréables et positifs sans les détruire : réactions négatives et agressives aux compliments et aux récompenses, détruit le lien avec l’adulte suite à un bon moment partagé avec lui ;
  • réaction négative à toutes critiques ou limites : n’admet pas ses torts même pris sur le fait, se montre impassible même puni ;
  • apprentissages difficiles : besoin de l’adulte pour fonctionner ;

relations conflictuelles : contrôle excessif, manque d’empathie, manipulation et hostilité, partage difficilement l’attention de l’adulte.

Comment diagnostiquer un trouble de l’attachement ?

Si votre enfant ou l’un de vos proches présente ces signes ou si vous-même vous vous y reconnaissez, l’autodiagnostic n’est pas une solution. L’identification de ces signes permet de lancer une alerte qui doit être étudiée par un professionnel de santé. Seule une personne compétente peut poser un diagnostic fiable.

La phase de diagnostic est essentielle pour déterminer le protocole de soins à mettre en place afin de proposer l’accompagnement le plus adapté à l’enfant ou à l’adulte en souffrance. Cette analyse contextualisée prend en compte le type de trouble d’attachement, la personnalité, les éventuelles comorbidités, l’environnement social et familial. 

Si vous êtes un parent, considérez que l’adulte n’est pas toujours directement responsable de ces troubles de l’attachement. Les causes sont souvent complexes et l’affection peut être associée à des troubles concomitants. 
Si vous êtes témoin direct ou indirect de signes de maltraitance sur un enfant, vous pouvez contacter le service public dédié Enfance en danger au 119.

Exemples de solutions thérapeutiques pour traiter le trouble de l’attachement

L’art-thérapie pour exprimer des émotions refoulées

L’art-thérapie est un processus alternatif et créatif qui offre la possibilité d’extérioriser ses émotions lorsque les mots manquent à la personne en détresse affective (enfant en bas âge qui ne parle pas encore ou adulte traumatisé). L’art dans tous ses états (peinture, dessin, collage, musique, danse, théâtre) favorise l’expression des sentiments et permet d’identifier les souffrances et leurs causes pour mieux les gérer.
Le thérapeute doit suivre une formation en art-thérapie sérieuse pour s’adapter aux besoins de chaque enfant. Dans le cas des troubles de l’attachement chez les enfants, des ateliers parents-enfants sont préconisés pour renouer le dialogue, libérer les tensions et retrouver un équilibre au sein de la sphère familiale.

Se désensibiliser grâce à l’EMDR

La méthode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est un processus thérapeutique qui stimule la sphère neuro-émotionnelle grâce à des mouvements oculaires spécifiques. Mise au point par la psychologue américaine Francine Shapiro en 1987, cette méthode est utilisée comme traitement pour les TSPT (troubles de stress post-traumatique).

Lors d’une séance d’EMDR, le praticien alterne l’évocation des souvenirs traumatiques et la stimulation sensorielle par le mouvement des yeux. À l’instar d’une thérapie sur l’estime de soi, cette approche amorce la gestion des moments douloureux et favorise la reprise de confiance.

Transformer ses émotions avec l’EFT

L’EFT (Emotional Freedom Techniques) ou techniques de libération émotionnelle sont un ensemble de méthodes fondé par l’ingénieur américain Gary Craig en 1993. Inspirée de la médecine chinoise, cette pratique de type thérapie brève consiste à stimuler les méridiens d’acupuncture avec le bout des doigts afin de libérer les émotions négatives.
Dans le cadre de la prise en charge des troubles de l’attachement, son application permet de déclencher un déblocage émotionnel qui vise à libérer les personnes en détresse dans leur relation à l’autre.

Quelles sont les conséquences d’un trouble de l’attachement non traité ?

Un enfant sujet au trouble de l’attachement aura des difficultés à développer un équilibre émotionnel et psychologique s’il n’est pas traité.

Un trouble d’attachement non traité peut conduire à des troubles à l’âge adulte. L’adulte aura des problèmes dans ses interactions sociales : absence de liens pouvant mener à la solitude ou au contraire, demande excessive de lien avec une possible dépendance affective. Le trouble de l’attachement peut générer un mal-être des personnes qui en souffrent mais peut également être un danger pour les personnes qui côtoient ces adultes (la personnalité du pervers narcissique est souvent liée au trouble de l’attachement).

Les profils insécurisés sont plus susceptibles de développer d’autres troubles psychologiques : trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale, TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), syndrome de Gilles de la Tourette, TAG (trouble anxieux généralisé), TOC (troubles obsessionnels compulsifs), trouble de la personnalité, etc.

Peut-on prévenir un trouble de l’attachement ?

Un enfant rassuré, aimé et accompagné par ses parents pourra développer sereinement ses relations aux autres et trouver un équilibre émotionnel.

L’enfant souffrant de trouble de l’attachement sera sujet au manque de confiance en soi et à la perte de l’estime de soi. La qualité des soins qu’il reçoit (soins physiques et psychologiques) détermine sa faculté à établir des relations saines avec autrui.
Sans verser dans l’hyper protection, une relation parent-enfant de confiance instaure un climat de sécurité qui permet à l’enfant de s’épanouir. Cette relation peut être renforcée ou rééquilibrée si besoin par des accompagnements thérapeutiques comme l’art-thérapie qui propose des ateliers pendant lesquels parents et enfants peuvent reprendre contact ou renforcer le contact.

Note : Cette technique n’est pas une pratique médicale et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Sources :
https://pro.guidesocial.be/articles/actualites/article/troubles-de-l-attachement-des-indices-pour-les-detecter
https://www.cliniquetandem.ca/ressources/mieux-comprendre/trouble-attachement/
https://www.la-clinique-e-sante.com/blog/dependance-affective/types-attachement
https://www.petalesquebec.org/fr/enjeux-d-attachement-troubles-de-l-attachement
Les troubles de l’attachement, Michelle St-Antoine, psychologue, DRD (https://www.psychaanalyse.com/pdf/LES%20TROUBLES%20DE%20L%20ATTACHEMENT%20(11%20Pages%20-%2074%20Ko).pdf)

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