
Quelles approches thérapeutiques pour réduire l’anxiété ?
Par Cathia Boucheron
TEMPS DE LECTURE : 5 minutesTout le monde a déjà vécu une émotion d’anxiété. Elle peut se manifester par une boule dans le ventre avant un rendez-vous important, des nuits écourtées par des pensées qui tournent sans fin… Parfois, l’anxiété passe vite, parfois elle s’installe. Lorsqu’elle devient trop envahissante, elle finit par ternir la vie de tous les jours. Pourtant, il existe des moyens qui aident à alléger ce poids. Parmi eux, plusieurs formes de thérapie contre l’anxiété ouvrent des perspectives réelles de mieux-être.
Qu’est-ce que l’anxiété ?
L’anxiété n’est pas une maladie en soi. C’est une réaction normale du corps lorsqu’il se sent menacé ou soumis à une forte pression. En effet, le cœur s’accélère, le sommeil se fragilise, la respiration devient plus courte… En général, ces signes s’apaisent une fois le danger écarté. Mais parfois, cette tension persiste. Elle envahit le quotidien, empêche de travailler sereinement, de sortir ou même de se reposer. C’est là que l’on parle de trouble anxieux et qu’une thérapie contre l’anxiété peut être envisagée, telle qu’une thérapie cognitivo-comportementale (ou TCC) ou l’art-thérapie, ceci afin d’amorcer un déblocage émotionnel.
Ces troubles prennent plusieurs formes. L’anxiété généralisée se traduit par des inquiétudes permanentes, souvent sans raison valable, qui s’accrochent à tout : santé, famille, tâches domestiques. Le trouble panique, lui, surgit en crises violentes, avec la sensation de perdre le contrôle ou de vivre une catastrophe imminente.
Il existe aussi des phobies très ciblées : peur des araignées, des ascenseurs, de l’obscurité… Elles poussent à éviter certaines situations, parfois au prix de grandes contraintes. L’agoraphobie fonctionne sur le même principe, mais concerne les lieux publics ou les espaces ouverts, si bien que certaines personnes finissent par ne plus sortir de chez elles.
L’anxiété sociale, quant à elle, rend difficile toute interaction : parler en public, rencontrer de nouvelles personnes, manger devant d’autres. Enfin, l’anxiété de séparation, souvent présente dès l’enfance, nourrit la peur d’être éloigné d’une figure de sécurité. Reconnaître ces différentes expressions de l’anxiété est la première étape pour ne plus la subir et chercher des solutions adaptées.
Quelle thérapie privilégier selon votre profil ?
TCC : efficacité prouvée et concrète
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est très souvent mise en avant dans les cas de troubles anxieux. Et pour cause, si elle ne promet pas de miracles, elle donne néanmoins des clés très concrètes pour apprivoiser l’anxiété. Le principe ? Observer ce qui se passe dans la tête au moment où la peur surgit et expérimenter d’autres façons de réagir. Parfois cela paraît presque banal, mais répété, le changement commence à poindre. Le consultant se rend compte que certaines pensées extrapolent le danger, et qu’il est possible de les apprivoiser. Ce n’est pas instantané, c’est un entraînement, mais les résultats sont souvent solides et durables.
ACT et TMC : approches centrées sur l’acceptation
L’ACT (Acceptance and Commitment Therapy) et la TMC (thérapie métacognitive) apportent quelque chose de différent lorsque l’anxiété envahit. La première pousse à arrêter la lutte permanente : les pensées sont là, on les reconnaît, mais on continue à avancer dans une direction qui compte vraiment pour soi. La seconde rappelle que l’on peut se traiter avec douceur, quand bien même l’on se sent fragile. En combinant les deux, le consultant découvre qu’il est possible de respirer un peu plus librement : moins de guerre intérieure, plus d’espace, comme si la peur cessait d’être la seule voix dans son esprit.
EMDR : pour l’anxiété liée à des traumatismes ou phobies
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) paraît un peu étrange au premier abord. En effet, le consultant revisite des souvenirs difficiles tout en suivant des stimulations visuelles ou sonores, comme des mouvements des yeux de gauche à droite. Cette thérapie pour les traumatismes s’avère également précieuse pour lutter contre l’anxiété. Elle aide à “digérer” certaines expériences qui restent bloquées et alimentent la peur. Peu à peu, l’intensité émotionnelle diminue, le souvenir perd en intensité, et l’esprit retrouve plus de calme. Ce n’est pas une baguette magique, mais pour beaucoup, l’EMDR ouvre un passage vers un quotidien moins envahi par l’angoisse.
EFT : gestion des émotions
L’EFT (Emotional Freedom Technique) est une thérapie qui peut paraître déroutante au départ. En effet, le consultant tapote doucement certains points de son visage ou de son corps, tout en mettant des mots sur ce qui lui pèse. Cet exercice semble enfantin, et pourtant le calme revient après quelques minutes. Comme si l’émotion, jusque-là bloquée, trouvait enfin une issue. L’anxiété ne disparaît pas d’un claquement de doigts, mais elle perd de sa lourdeur. Le consultant respire un peu mieux et lâche un peu de tension. Ce qui reste, c’est une impression de légèreté, parfois fragile, mais suffisamment présente pour continuer sa journée plus sereinement.
L’art-thérapie : libérer l’anxiété par la créativité
Les exercices d’art-thérapie ne demandent pas de savoir dessiner ou peindre. Ce n’est pas une question de talent, mais d’expression. Avec un pinceau, de l’argile, parfois même des couleurs au doigt, le consultant laisse sortir ce qui est trop lourd à verbaliser. L’anxiété se traduit autrement, à travers la matière ou la couleur, et souvent cela apaise. On ne cherche pas un beau résultat : c’est le geste qui compte. Parfois, une forme inattendue fait émerger une émotion enfouie, parfois il s’agit seulement d’un soulagement silencieux. Dans les deux cas, le consultant repart plus léger, un peu plus en paix avec lui-même.
FAQ
Quelle différence entre stress et anxiété ?
Le stress est une réaction ponctuelle face à une situation précise, comme un examen ou un délai à respecter. L’anxiété, elle, persiste même en l’absence de danger réel et peut s’installer durablement, impactant le quotidien.
Quels sont les symptômes les plus fréquents de l’anxiété ?
Les symptômes les plus courants de l’anxiété sont les palpitations, les troubles du sommeil, les tensions musculaires, la fatigue, ainsi qu’une inquiétude persistante difficile à contrôler.
La thérapie doit-elle durer longtemps ?
La durée d’une thérapie varie selon chacun : certaines méthodes donnent des résultats en quelques mois, d’autres demandent un suivi plus long pour s’ancrer durablement.
Quels sont les effets secondaires possibles des thérapies ?
Les thérapies contre l’anxiété entraînent rarement des effets secondaires, mais certaines peuvent faire remonter des émotions intenses ou provoquer une fatigue passagère liée au travail sur soi.
Quand consulter un professionnel ?
Il est conseillé de consulter quand l’anxiété devient envahissante, qu’elle perturbe le sommeil, le travail, les relations ou qu’elle empêche de mener une vie quotidienne équilibrée.